Points de vue canadiens sur l’immigration, 2002-2025

Jeudi 18 juin 2025 – Cette année, l’équipe de Pollara Strategic Insights célèbre le 40eanniversaire de notre entreprise. Dans le cadre de nos célébrations, nous fouillons dans nos archives et effectuons de nouvelles recherches dans le cadre de notre série de sondages sur le 40e anniversaire – afin d’explorer comment le Canada a évolué au cours des quatre dernières décennies, de 1985 à aujourd’hui. Notre quatrième communiqué de cette série explore les points de vue canadiens sur l’immigration.

Dans les démocraties avancées comme dans les économies émergentes, l’immigration est passée d’une discussion politique largement technocratique à une question politique profondément polarisante. À l’ère actuelle des migrations mondiales, alors que de nombreux gouvernements ont fait la promotion de l’immigration pour faire face au vieillissement de la population, aux pénuries de main-d’œuvre et à la compétitivité économique, l’opinion publique est devenue de plus en plus négative, motivée par les inquiétudes liées à la culture, à la sécurité économique et à la cohésion sociale.

Cette tendance inclut le Canada. Pollara suit les attitudes des Canadiens à l’égard de l’immigration depuis des décennies, et pour commémorer notre 40e anniversaire, nous avons réexaminé cette question cruciale dans une nouvelle étude nationale. Dans un récent sondage mené auprès de 2 500 adultes canadiens du 10 au 16 avril, nous avons constaté que les perceptions positives à l’égard de l’immigration ont considérablement diminué par rapport à il y a 23 ans. En 2002, les Canadiens ont une opinion positive de l’immigration avec une approbation nette de +31, mais en 2025, ce chiffre a chuté de façon spectaculaire à seulement +2, les Albertains étant les plus négatifs (-8).

Le résultat le plus frappant est la forte augmentation du nombre de Canadiens qui croient que les niveaux d’immigration sont trop élevés. Lorsque nous avons posé cette question pour la première fois en 2002, seulement 34% étaient de cet avis. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 60%, un bond substantiel de 26 points qui reflète un changement significatif et durable dans l’opinion publique. L’Alberta se démarque comme la province la plus critique, avec 65% de ses résidents disant que les niveaux d’immigration sont excessifs. Le Québec (63%) et l’Ontario (62%) sont également très préoccupants, renforçant une tendance régionale qui pose maintenant d’importants défis politiques et politiques pour le gouvernement fédéral.

Le Une étude révèle un malaise croissant quant aux implications culturelles de l’immigration. En 2002, la plupart des Canadiens (58%) croyaient que l’immigration enrichissait la culture nationale. En 2025, ce consensus s’est érodé : seulement 33% des Canadiens ont actuellement le même point de vue, car le public est maintenant divisé sur la question. Lorsque l’on examine l’impact culturel perçu de l’immigration, les résultats entre les régions sont particulièrement frappants au Québec et en Alberta. Seulement 26% des Québécois pensent que l’acceptation d’immigrants de cultures différentes renforce notre culture, tandis que 39%, le plus grand nombre de toutes les provinces, pensent que cela affaiblit notre culture. L’Alberta suit (29% se renforce/35% s’affaiblit), ce qui indique un notable scepticisme à l’égard du multiculturalisme. En revanche, les Britanno-Colombiens (38% se renforcent/31% s’affaiblissent) et les Canadiens atlantiques (35% se renforcent/28% s’affaiblissent) expriment des évaluations plus favorables, bien que prudentes, des contributions culturelles de l’immigration.

Les préoccupations économiques entourant l’immigration sont plus prononcées que jamais. En 2002, 40% des Canadiens croyaient que l’immigration augmentait le chômage. Aujourd’hui, une majorité de Canadiens (52%) partagent le même point de vue. Encore une fois, nous constatons des différences régionales intéressantes, les Albertains (56%) étant les plus inquiets. De plus, les Canadiens ayant fait des études collégiales ou secondaires (55%) sont particulièrement préoccupés par l’impact de l’immigration sur le chômage. Dans le même ordre d’idées, l’impression générale sur l’immigration s’est détériorée.

L’érosion de la confiance et du soutien à l’immigration a des conséquences immédiates et croissantes pour les gouvernements, qui doivent maintenant naviguer dans un paysage d’opinion où le soutien à l’immigration ne peut plus être tenu pour acquis. Pendant des années, la position pro-immigration du Canada a été largement considérée comme un point de fierté nationale, une expression d’ouverture, de compassion, de pragmatisme et d’identité multiculturelle. Cependant, les pressions économiques croissantes, les services publics mis à rude épreuve et l’anxiété culturelle croissante ont modifié l’humeur du public et affaibli le consensus précédent. Les gouvernements devront faire preuve de prudence sur ce terrain politique à l’avenir.

Pour plus de résultats de sondage, consultez notre rapport et la chronique du conseiller principal de Pollara, André Turcotte, dans The Hub.

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