Rapport de Banques alimentaires Canada : 23% des Canadiens sont incapables d’acheter suffisamment de nourriture

Le 4 mars 2025 – Aujourd’hui, dans The Hub, André Turcotte de Pollara et Philippe Ozga de Banques alimentaires Canada parlent de la crise croissante de l’insécurité alimentaire au Canada. Pour mieux comprendre la crise, Banques alimentaires Canada s’est associée à Pollara Strategic Insights pour mener un examen approfondi de l’insécurité alimentaire dans l’ensemble du pays. Le rapport trimestriel de Banques alimentaires Canada est un outil d’analyse clé pour surveiller les difficultés économiques et leurs répercussions sur le bien-être financier, émotionnel et psychologique des Canadiens. Les résultats du rapport sont fondés sur 1 500 sondages en ligne menés auprès de Canadiens adultes chaque trimestre. L’étude a débuté en avril 2024 et, à partir d’une année complète de données, le dernier rapport de janvier 2025 révèle une aggravation de la situation qui souligne le besoin urgent d’intervention.

En ce qui concerne d’abord le contexte financier et économique actuel, les difficultés financières demeurent une préoccupation majeure du public, plus de 40% des Canadiens déclarant qu’ils se sentent moins bien sur le plan financier qu’au trimestre précédent (octobre 2024), ce qui représente une augmentation alarmante de 11 points. De plus, 43% se décrivent comme financièrement stressés, une hausse de 13 points depuis octobre 2024. Ces chiffres reflètent un sentiment croissant d’insécurité économique – avant que l’impact des mesures tarifaires d’aujourd’hui ne se fasse sentir. Les jeunes générations sont touchées de manière disproportionnée : 56% des membres de la génération Z et 53% des milléniaux signalent des difficultés financières importantes. Les disparités régionales sont également évidentes, l’Alberta (53%) et les provinces des Prairies (48%) affichant certains des niveaux de stress financier les plus élevés.

  • De plus, de nombreux Canadiens craignent que leur situation financière ne se détériore davantage. Le rapport révèle que 20% des Canadiens croient qu’ils devront s’endetter davantage si leur situation ne s’améliore pas. Cette préoccupation est particulièrement aiguë chez les milléniaux (33%), les membres de la génération X (24%) et les minorités visibles (25%), ce qui met en évidence la vulnérabilité financière généralisée de plusieurs groupes démographiques.

Comme l’abordabilité des aliments demeure un défi de taille, les Canadiens sont de plus en plus obligés de faire des choix difficiles. Un pourcentage stupéfiant de 43% des personnes déclarent acheter de la nourriture à rabais, une augmentation de sept points par rapport au trimestre précédent. Pendant ce temps, 29% des Canadiens déclarent avoir de la difficulté à payer leurs factures, ce qui reflète une forte augmentation de 10 points par rapport à octobre. L’incapacité d’acheter suffisamment de nourriture pour répondre aux besoins de base a également augmenté, 23% des Canadiens déclarant maintenant qu’ils ne sont pas en mesure d’acheter suffisamment de nourriture, soit une augmentation de sept points. Les conséquences de l’insécurité alimentaire vont au-delà de la détresse émotionnelle et des risques à long terme pour la santé. La mauvaise qualité de l’alimentation, exacerbée par les contraintes financières, est une préoccupation croissante, 31% des Canadiens mangeant moins d’aliments sains en raison de problèmes d’abordabilité.

  • Les jeunes adultes et les personnes à faible revenu sont touchés de manière disproportionnée, 40% des répondants de la génération Z et 46% des personnes à faible revenu privilégiant l’abordabilité à la nutrition. Cette tendance est particulièrement inquiétante compte tenu des liens entre la mauvaise qualité de l’alimentation et les risques accrus de maladies chroniques, la réduction des niveaux d’énergie et la détérioration du bien-être mental.

Les difficultés financières perturbent également d’autres aspects fondamentaux de la vie. Selon le rapport, 29% des Canadiens ont de la difficulté à payer leurs factures, avec des chiffres plus élevés chez les jeunes adultes (37%), les personnes à faible revenu (46%), les minorités visibles (42%) et ceux qui n’ont fait que des études secondaires (36%). De plus, 23% déclarent manger moins en raison de contraintes financières, un chiffre qui passe à 38% chez les répondants de la génération Z et à 36% chez les personnes à faible revenu. L’impact émotionnel de ces luttes – sentiments de honte, d’impuissance et d’anxiété – aggrave encore le stress de vivre sous pression financière.

Comme le montre le dernier rapport HungerCount de Banques alimentaires Canada , les difficultés et les pressions soulignées ci-dessus poussent les Canadiens à se tourner vers les banques alimentaires en nombre record. La vitesse de cette augmentation a été inimaginablement rapide. Bon nombre des plus de 2 millions de personnes qui se tournent vers les banques alimentaires chaque mois le font pour la toute première fois. Un sur cinq a actuellement un emploi et n’arrive toujours pas à joindre les deux bouts. Un tiers des personnes desservies par les banques alimentaires sont des enfants. Et comme le démontre cette étude la plus récente, le nombre de personnes en difficulté augmente chaque mois qui passe. Quant aux banques alimentaires en première ligne de cette crise, elles cèdent sous la pression. Un tiers des banques alimentaires n’avaient pas assez de nourriture pour répondre à la demande l’année dernière. Chaque nouvelle secousse dans l’économie ajoute à la pression sur un système qui n’a jamais été censé devenir la colonne vertébrale permanente d’un pays.

Le rapport trimestriel de Banques alimentaires Canada présente une évaluation sérieuse de l’escalade des difficultés financières au Canada et d’un besoin croissant d’intervention. La hausse des coûts rend non seulement plus difficile pour les Canadiens d’acheter des produits essentiels comme la nourriture et le paiement des factures, mais entraîne également une détérioration de la qualité de l’alimentation et un niveau de stress accru. Ces défis ne se limitent plus aux ménages à faible revenu. Les personnes et les familles de toutes les tranches de revenu sont touchées, y compris celles qui ont un emploi à part entière, ce qui creuse les écarts socioéconomiques. L’intersection des difficultés financières, de l’insécurité alimentaire et de la détresse émotionnelle s’est transformée en une crise nationale.

Ceci est un extrait de la chronique d’André et Philippe. Pour lire leur chronique complète, y compris les solutions politiques proposées, visitez The Hub. Pour lire le rapport trimestriel de Banques alimentaires Canada, visitez le site Web de Banques alimentaires Canada.

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